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Royal Air Maroc : avis sur des vols Tunis → Casablanca → Tanger

Retour d’expérience sur un aller-retour Tunis / Tanger via Casablanca en classe économique avec la compagnie Royal Air Maroc.

Photo : Flying Smart CC BY 4.0

Aucun vol direct ne dessert la province marocaine depuis Tunis, la capitale tunisienne. Pour rejoindre Tanger – deuxième ville économique du Maroc – avec un seul billet d’avion de bout-en-bout, la compagnie Royal Air Maroc et une correspondance à Casablanca s’imposent.

Un aller sans histoire

De Tunis à Casablanca

Pour la première étape, j’ai voyagé sur le vol Royal Air Maroc AT573 Tunis (TUN) / Casablanca (CMN) du mercredi 7 mars 2018, départ prévu à 17h40 pour une arrivée à 19h30.

L’enregistrement en ligne n’est pas disponible pour les vols de la RAM au départ de Tunis. Les autorités tunisiennes réclament une carte d’embarquement émise à l’aéroport. Il est donc nécessaire de se rendre aux comptoirs d’enregistrement pour l’obtenir, qu’on voyage avec ou sans bagage de soute. Prendre également une fiche de police à remettre complétée au contrôle frontalier.

Le vol était opéré avec le Boeing 737-800 immatriculé CN-RNW, un appareil livré à la compagnie publique il y a 15 ans.

Une sélection de journaux marocains, en français et en arabe, est proposée à la porte de l’avion.

La cabine, vieillissante mais confortable, est dans un style caractéristique du transporteur marocain : motifs sur les cloisons de séparation et au-dessus des hublots, sièges en nuances de marron habillés d’une têtière en tissu rouge. 12 sièges agencés en 2-2 composent une vraie classe affaires. Les 147 sièges de la classe économique disposés en 3-3, inclinables et aux accoudoirs qui se relèvent, sont équipés d’une tablette et d’une pochette de rangement.

Départ à l’heure. Pendant le roulage vers la piste, les consignes de sécurité sont diffusées en vidéo sur les quelques écrans au-dessus de l’allée centrale.

Environ 40 minutes après le décollage, les hôtesses et stewards distribuent un plateau repas à chaque passager. Il est constitué d’une entrée (un morceau de truite fumée sous vide), d’un plat chaud (du poulet accompagné de blé), d’une portion de fromage industriel et d’un yaourt. Une petite bouteille d’eau ou une autre boisson en cannette est offerte. Un service de thé et de café clôture le repas. Si je considère la prestation quantitativement convenable pour un vol de 3 heures, je trouve en revanche que la qualité du plat servi n’est pas au rendez-vous.

Le débarrassage terminé, c’est au tour de la vente des produits en duty free : parfums, alcools, tabacs, joaillerie et autres articles. Un catalogue Sky Shop est inséré dans le magazine de bord. Les achats sont payables en espèces (en devises internationales) ou par carte bancaire.

L’atterrissage à Casablanca – Mohamed V a lieu à l’heure prévue. L’avion stationne au large. Des bus déposent les passagers au terminal.

De Casablanca à Tanger

Pour rejoindre le prochain vol, il suffit de suivre le marquage au sol de couleur jaune puis les panneaux « Correspondance – Vols nationaux ». Les passagers sont ainsi dirigés vers un poste d’inspection-filtrage pour un contrôle de sûreté. En revanche, pas d’immigration ni de douane à franchir : les formalités d’entrée sur le territoire marocain s’effectuent à l’aéroport de destination finale. La salle d’embarquement des vols domestiques apparait, après une promenade dans les couloirs en chantier de l’aéroport.

Pour la seconde étape, j’ai voyagé sur le vol Royal Air Maroc AT472 Casablanca (CMN) / Tanger (TNG) du mercredi 7 mars 2018, départ prévu à 22h40 pour une arrivée à 23h35.

La porte d’embarquement ouvre sur un parking où attend un bus pour emmener les passagers à l’avion stationné au large.

Le vol était opéré avec le Boeing 737-700 immatriculé CN-RNM, un appareil dans la flotte du transporteur depuis bientôt 19 ans.
Départ à l’heure pour un voyage d’environ 300 km, une distance qui sera parcourue en 35 minutes de vol.
Royal Air Maroc ne sert aucune prestation sur ce petit trajet.

A Tanger, les passagers rejoignent le terminal à pieds.

Il faut prendre une fiche de police sur les présentoirs en entrant dans la salle, à compléter en faisant la queue devant les aubettes de la police aux frontières pour les procédures d’immigration. Les bagages récupérés au carrousel de livraison, il reste encore l’inspection douanière avant de pouvoir quitter l’aéroport.

6 heures de retard au retour

Pour rentrer en Tunisie, je devais initialement voyager le mardi 13 mars 2018 sur les vols :

  • Royal Air Maroc AT471 Tanger (TNG) / Casablanca (CMN), départ prévu à 05h10 pour une arrivée à 06h00
  • Royal Air Maroc AT570 Casablanca (CMN) / Tunis (TUN), départ prévu à 06h55 pour une arrivée à 10h30.

4 jours avant, la compagnie annule le vol international et le nouvel itinéraire de vols devient :

  • Royal Air Maroc AT471 Tanger (TNG) / Casablanca (CMN), départ prévu à 05h10 pour une arrivée à 06h00
  • Royal Air Maroc AT572 Casablanca (CMN) / Tunis (TUN), départ prévu à 13h05 pour une arrivée à 16h40.

La courte escale de 55 minutes se transforme en une longue attente de 7 heures et 5 minutes.

Une situation embarrassante : mon voyage se poursuit vers Djerba (DJE), en self-connect avec Tunisair Express car il est impossible d’obtenir un billet interlignes entre la province tunisienne et la province marocaine. Avec un tel retard, ma correspondance à Tunis-Carthage est irrémédiablement compromise et les frais de modification du billet domestique seront à ma charge.

De Tanger à Casablanca

Il est 3h du matin. L’enregistrement s’effectue traditionnellement aux comptoirs. Je reçois mes 2 cartes d’embarquement ainsi que le talon de l’étiquette d’identification de mon bagage de soute enregistré jusqu’à Tunis.

Questionnant l’agent sur les conditions d’attente à Casablanca, j’obtiendrai pour seule réponse « Je suis un agent d’enregistrement, je suis là pour enregistrer ! Téléphonez au centre d’appel. » Pas question de me donner pour autant le numéro, son superviseur m’ordonne de quitter les lieux vite fait car je retarde l’enregistrement des passagers suivants.

Au Maroc, les formalités d’émigration s’effectuent généralement au point de départ initial, donc à Tanger même en cas d’escale à Casablanca. Avant de monter à bord d’un vol intérieur, tous les passagers passent par la douane et la police aux frontières, comme s’ils embarquaient pour un vol international.

Or je découvre en salle d’embarquement que mon passeport ne contient pas le cachet de sortie du jour. Je retourne voir l’agent de police qui m’explique, qu’étant donné que mon transit à Casablanca est supérieur à 4 heures, je dois faire tamponner mon passeport là-bas. Si je ne m’en étais pas rendu compte, j’aurai donc quitté le pays « comme ça ». Avec pour conséquence probable quelques ennuis administratifs lors d’un futur déplacement au Maroc…

Le vol AT471 Tanger (TNG) / Casablanca (CMN) était opéré avec un Embraer 190 immatriculé CN-RGO, un appareil entré 3 ans et demi plus tôt dans la flotte de Royal Air Maroc.

La cabine, qui reprend les codes esthétiques de la RAM, est équipée d’une classe affaires de 12 sièges répartis en 1-2 sur 4 rangées et d’une classe économique de 84 sièges configurée en 2-2.

Un court trajet sans autre différence avec celui effectué en sens inverse 6 jours auparavant.

De Casablanca à Tunis

Arrivé à Casablanca avec les formalités pour quitter le territoire non réalisées, je me dirige vers la sortie au lieu d’emprunter le parcours pour les passagers en correspondance.

Connaissant un peu les lieux, je monte au 1er étage de la zone publique pour tenter ma chance au bureau « Transit et hébergement » qui prend en charge certains passagers dans le cadre du STPC Stopover Paid by Carrier de Royal Air Maroc. Je plaide ma cause et j’obtiens rapidement une chambre d’hôtel avec petit-déjeuner à proximité de l’aéroport. Avec un avertissement : « Normalement vous n’y avez pas le droit ! Même en cas d’irrégularité opérationnelle, l’escale doit être supérieure à 8 heures. »

Quelques heures de repos plus tard, il est temps de retourner à l’aéroport, franchir à nouveau les contrôles de douane, de police et de sûreté pour rejoindre la porte d’embarquement.

Le vol AT572 Casablanca (CMN) / Tunis (TUN) était opéré avec le Boeing 737-800 immatriculé CN-ROH, en service chez Royal Air Maroc depuis 2006.

Un vol ressemblant à celui effectué à l’aller.

J’arrive enfin à Tunis, avec 6 heures de retard sur l’horaire convenu à l’achat du billet d’avion.

Jour de bonté chez Tunisair Express, la compagnie domestique tunisienne acceptera de m’embarquer pour Djerba sans nouvelle réservation.

Conclusion

Mon expérience à l’occasion de ce voyage entre Tunis et Tanger est correcte à l’aller mais peu satisfaisante au retour.

Lorsque Royal Air Maroc décide d’annuler un vol pour sa propre convenance, la compagnie devrait être tout aussi proactive pour informer les passagers impactés des nouvelles conditions dans lesquelles vont se dérouler leur voyage. Il est anormal qu’un passager soit livré à lui-même. Il est inacceptable qu’il soit considéré avec mépris lors d’un moment d’interaction obligatoire entre la compagnie et son client à l’aéroport alors que la RAM est à l’origine du « problème ».

Après réclamation, le service client de Royal Air Maroc m’invitera à contacter le service gestionnaire de son programme de fidélité Safar Flyer afin de recevoir 2300 miles à titre de dédommagement.

Concernant l’organisation dans les aéroports marocains de la mixité des passagers domestiques et internationaux sur les vols intérieurs, j’avais déjà écrit à l’occasion d’un précédent voyage qu’elle est source de perte de temps. Elle se révèle également source de confusions dans le sens Maroc > Étranger.

Quelle est votre expérience avec la compagnie Royal Air Maroc ?

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