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Saudia : avis sur des vols Tunis → Medine → Djeddah → Kuala Lumpur

Retour d’expérience sur un voyage Tunis / Kuala Lumpur via Medine et Djeddah avec la compagnie Saudia en classe économique.

Photo : Flying Smart CC BY 4.0

Aucune ligne aérienne directe ne relie Tunis à Kuala Lumpur. Pour se rendre de la capitale de la Tunisie à la principale ville de la Malaisie, une escale dans un pays tiers est inévitable.

Parmi les itinéraires possibles, il y a celui proposé par la compagnie Saudia (anciennement Saudi Arabian Airlines) qui est membre de l’alliance Skyteam. Le transporteur national de l’Arabie Saoudite dessert quotidiennement les deux aéroports depuis sa base de Djeddah.

De Tunis à Djeddah en passant par Medine

Pour la première étape, j’ai voyagé sur le vol Saudia SV366 Tunis (TUN) / Medine (MED) / Djeddah (JED) du mercredi 14 février 2018, départ prévu à 10h30 pour une arrivée à 18h00.

Quitter Tunis-Carthage

La compagnie propose de s’enregistrer sur son site internet dès 48 heures avant le décollage. Le service en ligne permet de choisir son siège préféré avant que les places ne soient distribuées à l’aéroport. Le passage par les comptoirs d’enregistrement reste nécessaire pour y déposer ses bagages de soute et recevoir la carte d’embarquement au format accepté par la police tunisienne aux frontières.

L’enregistrement est assuré par Tunisair Handling dont l’agent me réclame ainsi qu’à mon compagnon de voyage, après avoir scruté toutes les pages de nos passeports respectifs, notre visa d’entrée en Malaisie et notre allocation touristique. Il faudra plusieurs minutes pour lui faire admettre que le visa est délivré à l’arrivée à Kuala Lumpur et que le cachet faisant mention d’une allocation touristique n’a pas lieu d’être lorsque le déplacement est financé par un autre moyen dûment justifié par le formulaire adéquat remis par la banque à l’attention de la douane.

Ce premier barrage passé et munis des cartes d’embarquement ainsi que des fiches de police à remplir, direction le contrôle d’émigration. Là encore, pour échapper au refus de sortie du territoire, il faudra palabrer à propos du visa qui s’obtient à l’aéroport malaisien.

Visiblement, ni les agents d’enregistrement ni les policiers de Tunis-Carthage ne semblent disposer de Timatic pour connaitre les prérequis documentaires pour voyager. C’est dans ce genre de situation, pas inhabituelle dans cet aéroport où règne l’arbitraire, qu’on mesure l’intérêt d’avoir imprimé le résultat de sa recherche pour défendre ses droits au risque sinon de rester au sol à cause d’une décision sans fondement.

À bord de l’avion

Le vol était opéré avec un Airbus 330-300 immatriculé HZ-AQ30 livré à Saudia seulement 3 mois auparavant, donc tout neuf.

Dans la passerelle devant la porte de l’avion, chaque passager doit se soumettre à une palpation de sécurité et à une fouille de ses bagages à main qui sont effectuées par un membre d’équipage du même sexe.

Les sièges gris de la classe économique sont agencés en 2-4-2. Ils sont équipés d’une pochette de rangement, d’une tablette, d’un écran de 9″ tactile et d’une télécommande. Une prise électrique et USB individuelle est fixée en-dessous de chaque siège pour recharger ses appareils électroniques. Un oreiller est présent sur le siège.

Les consignes de sécurité sont diffusées sur l’écran après la fermeture des portes de l’avion, puis sont suivies de la prière islamique des voyageurs. Décollage en direction de Medine avec une petite demi-heure de retard sur l’horaire prévu.

Rapidement après la phase de montée initiale, hôtesses et stewards distribuent une serviette rafraîchissante, une paire d’écouteurs et une couverture.

Le service du repas débute environ 50 minutes après le décollage. Le plateau est constitué d’une entrée carottes – pommes de terre, d’un plat chaud à choisir entre poisson ou poulet accompagné de légumes, d’une barre chocolatée en dessert. Bouteille d’eau et jus de pomme sont également offerts. Un petit pain, du beurre et des condiments complètent l’ensemble. Les couverts en plastique sont de rigueur. Une boisson chaude, thé ou café, vient clôturer ce déjeuner. C’est une prestation satisfaisante pour un vol d’environ 3h45.

Le système de divertissement sur l’écran propose de nombreux films en anglais et en arabe, un vaste choix de musiques, quelques jeux et l’incontournable suivi du vol. Un réseau Wi-Fi est également diffusé dans l’avion, accessible avec son smartphone ou sa tablette. Une fois connecté, on accède gratuitement à un portail d’actualités et on retrouve les services de divertissement. Internet serait accessible pour un coût compris entre 4,99 USD et 24,99 USD selon le forfait choisi mais je n’ai pas essayé.

Au début de la descente, un bonbon est distribué aux passagers. Une petite attention sympathique pour éviter le mal d’oreilles pendant la décompression. Une vidéo de remerciement est diffusée puis c’est l’atterrissage à Medine. Si la plupart des passagers descendent là, ceux ayant pour destination Djeddah restent à bord.

Une heure d’escale plus tard, nous redécollons pour 45 minutes de voyage. La petite demi-heure de retard ne sera finalement pas rattrapée.

Faire escale et transiter à Djeddah

Le débarquement sur le tarmac de Jeddah – King Abdulaziz International Airport s’effectue par des échelles et les passagers sont acheminés en bus au Terminal Sud qui est dédié à la compagnie Saudia.

Les clients en transit doivent faire la queue au comptoir Connecting Passengers Check-in (international – international) pour valider leur présence et se faire remettre une fiche Transit Pax Card à compléter. Cette étape franchie, monter les escaliers pour accéder au Transfer Passengers Lounge, une petite pièce sombre où quelques fauteuils permettront à ceux ayant une longue escale de se reposer un peu. La sortie de ce salon d’attente est définitive et mène aux contrôles de sûreté.

Après les contrôles s’ensuit la traversée d’un magasin duty free sans intérêt qui débouche sur une salle rectangulaire en plein milieu de laquelle les portes d’embarquement sont situées (en fait, des escaliers qui ramènent à l’étage inférieur où sont garés les bus qui conduisent aux avions).

Bien peu de sièges, qui plus est inconfortables, sont disponibles dans ce terminal exigu et inadapté au nombre de passagers transportés par Saudia, sous une climatisation trop froide. L’accès au Wi-Fi nécessite de recevoir un code d’accès par SMS qui ne peut être envoyé qu’à un numéro de téléphone mobile saoudien, donc inutilisable. Les bruyantes annonces par haut-parleurs sont incessantes. Quant à visiter les toilettes, c’est un haut-le-cœur assuré. Les quelques stands de restauration rapide n’acceptent que les paiements en riyal, rendant le passage au bureau de change incontournable pour ceux qui désirent régler leurs achats en espèces. Les fumeurs devront prendre leur mal en patience jusqu’à la fin de leur voyage : pour des raisons religieuses, la cigarette est strictement interdite dans tout l’aéroport de Djeddah où il n’existe aucun espace pour eux.

A l’ouverture de la porte d’embarquement, descendre pour faire une nouvelle fois la queue avant de prendre le bus qui mène à l’avion. Le policier de faction réclamera la carte d’embarquement ainsi que la fiche de transit dûment complétée remise quelques heures plus tôt.

De Djeddah à Kuala Lumpur

Pour la seconde étape, j’ai voyagé sur le vol Saudia SV840 Djeddah (JED) / Kuala Lumpur (KUL) du mercredi 14 février 2018, départ prévu à 20h35 pour une arrivée le lendemain jeudi 15 février 2018 à 10h10.

Le vol était opéré avec un Boeing 787-900 Dreamliner immatriculé HZ-ARD, un appareil récent dans la flotte de la compagnie depuis avril 2016.

Dans cette cabine, les sièges de la classe économique sont agencés en 3-3-3 et équipés d’une pochette de rangement, d’une tablette, d’un écran de 9″ tactile et d’une télécommande. Les appareils électroniques peuvent être rechargés grâce au port USB présent sur l’écran. Le Wi-Fi est disponible. Un oreiller et une couverture sont déjà disposés sur chaque siège. Particularité de Saudia : une salle de prière islamique est située à l’arrière de l’appareil, avec un écran indiquant la direction vers La Mecque.

L’avion quitte à l’heure prévue son point de stationnement puis décolle une vingtaine de minutes plus tard en direction de Kuala Lumpur pour un vol nocturne d’un peu plus de 8 heures.

Dans la demi-heure qui suit, l’équipage distribue un kit de nuit contenant un masque de sommeil, des chaussettes, une paire de bouchons d’oreille, une brosse à dents et un mini tube de dentifrice. Une serviette rafraîchissante et des écouteurs sont également remis.

1 heure après le décollage, une boisson froide est servie en guise d’apéritif : eau, jus ou sodas sont proposés.

45 minutes encore plus tard, c’est le service du dîner qui débute enfin. Le plateau repas est composé d’une salade variée, d’un plat chaud avec poulet ou poisson au choix accompagné de riz et de légumes, d’un gâteau au chocolat en dessert. Une bouteille d’eau, du pain, du beurre et des condiments sont fournis. Les couverts sont en métal.

A l’issue du repas qui se clôture sur un thé ou un café, la cabine est plongée dans le noir pour permettre aux passagers de profiter de 4 courtes heures de sommeil.

Une heure avant l’atterrissage, un petit-déjeuner est offert. A choisir entre une formule sucrée ou salée, j’opte pour cette dernière afin de reprendre des forces pour la journée : elle est constituée d’une omelette aux champignons et pommes de terre, une part de fromage industriel, un petit pain avec du beurre et de la confiture ainsi que quelques morceaux de pomme. Une bouteille d’eau et du jus d’orange sont sur le plateau. Du thé ou du café sont également servis.

L’arrivée à Kuala Lumpur aura lieu à l’heure convenue, au contact du satellite. Un peu de marche à pieds et quelques minutes dans le train intérieur permettront de rejoindre le terminal principal où s’effectue le contrôle d’immigration.

Conclusion

Mon expérience en vol avec Saudia en classe économique pour me rendre en Asie du Sud-Est est positive, aussi bien à l’aller que je décris dans ce rapport qu’au retour deux semaines plus tard.

Mais le produit Saudia est gâché par l’escale à Djeddah où les heures d’attente de nuit (2h30 à l’aller, 6h00 au retour) sembleront une éternité aux passagers même les plus patients en raison de l’inconfort et de la saleté du Terminal Sud pourtant à l’usage exclusif du transporteur national saoudien.

J’y réfléchirai donc à 2 fois avant de reprendre cette compagnie, tout du moins tant que l’ensemble des vols internationaux n’auront pas été transférés dans le nouveau Terminal 1 dont la mise en service s’étale jusqu’au printemps 2019.

Quelle est votre expérience de voyage avec Saudia ?

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